lundi 1 octobre 2018

Hier encore, vous étiez parmi nous. Au revoir, M. Aznavour

La francophonie mondiale a perdu aujourd'hui l'un de ses plus grands artistes avec le décès du chanteur Charles Aznavour.

En plus de 70 ans de carrière, le ténor aux racines arméniennes a connu un succès planétaire avec ses chansons qui faisaient réfléchir tout en mettant un sourire sur les lèvres.

De ses modestes débuts en duo dans les cabarets enfumés de la France et du Québec jusqu'à sa consécration sur le Hollywood Walk of Fame en 2017, il n'a jamais laissé tomber le micro, déclarant « je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte ».

Rejetant les frontières linguistiques, il a séduit le public dans une dizaine de langues, n'oubliant jamais le passé immigrant des parents d'Arménie, tout en embrassant sa belle et grande culture française.

Malgré sa petite stature, il était, et est encore, un géant de la chanson. Il a brûlé les planches de l'Olympia et de Carnegie Hall, touchant par ses interprétations remplies d'humilité et de confiance. 

Infatigable, il a enchaîné les tournées pendant des décennies, y trouvant un lien indescriptible avec son public et une vitrine sans égal pour ses chansons et ses opinions.

Poète philanthrope, il n'avait pas la langue dans sa poche, abordant des thèmes que bien des communautés avaient mis à l'index pour mieux pointer du doigt. Solidaire envers ses pairs, il a utilisé sa notoriété pour aider les petites gens, les ébranlés de la société et ceux dont la chance ne venait pas. 

Par ses chansons, il a touché les cœurs, donnant des mots aux plus invisibles des sentiments. L'amour, sa quête et ses défis ont été des piliers d'inspiration, un langage universel et intemporel qui demeure le seul remède à la bêtise humaine.

M. Aznavour, aujourd'hui nous vous disons adieu le cœur gros et la voix muette. Que cette bohème qui nous berce et qui nous blesse puisse nous emmener à bon port, où il sera possible de caresser le temps, et de se rappeler qu'hier encore, vous étiez parmi nous.