jeudi 15 avril 2021

Une larme d’amour, pour Michel Louvain



Hier, le monde du spectacle a perdu son plus grand gentilhomme lorsque Michel Louvain s’est laissé bercer par la houle une dernière fois, en route vers son paradis.

Charmeur comme pas un et crooner des générations, il a fermé son micro à 83 ans, pas mal pour un jeune Poulin de Thetford Mines, pour qui la vie, était simplement l’amour. 

Malgré le temps, son rythme et son élégance n’avaient pas pris une ride. Aimable, fascinant et gracieux, il est demeuré le chéri de ces dames depuis la fin des années 1950, temps où il faisait vibrer les cabarets de la métropole. Homme de classe et d’humour, il savait mettre ses amateurs à l’aise et dans l’ambiance. 

De la mélancolie aux plaisirs de la nuit, Michel Louvain a chanté le charme pendant plus de 60 ans. Un des derniers artistes à avoir vendu un million d’albums dans la belle province, il a conquis la scène, la radio, la télévision, et surtout, le coeur de la communauté. 

Dans les années 1960, les jeunes groupies voulaient lui arracher sa chemise. Aujourd’hui, et pour encore longtemps, elles continueront de fondre sur leur chaise en voyant son charismatique sourire et en entendant cette voix porteuse d’humilité et de joie de vivre.

J’ai eu la chance de couvrir le dernier spectacle de sa tournée 2013 lorsqu’il s’était arrêté à Grenville pour y chanter la pomme. Toute une balade et des moments formi...formidables en compagnie d’une homme d’élégance et de prestance.

«J’espère que vous n’êtes pas pressés, car nous allons passer une belle soirée ensemble, avait-il lancé en ouverture de spectacle. Je pars en vacances après ce spectacle, profitons-en!» 

Et oui, M. Louvain, le temps des vacances est définitivement arrivé. Merci pour toutes ces années de bonne humeur. Malgré la tristesse, nous affichons quand même, en ce jour dont on ne s’habitue pas, un certain sourire, en pensant à vous.

«Un chanteur comme il ne s’en fait plus, avait confié une dame lors du spectacle à Grenville. Rien ne l’arrête car il a une passion pour son métier. C’est du vrai bonbon.»